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PAIX

 

Dans un sens restreint, la paix est l’absence de guerre ; dans un sens large, entente durable entre les humains.
Comment obtenir une telle concorde ? – Par un projet politique et culturel dont la conception et la mise en application mobilisent perpétuellement les volontés.
Comment convaincre les hommes de passer d’une culture de la guerre à une culture de la paix ?
Établir durablement la paix ne relève pas uniquement du droit international : c’est aussi et surtout une affaire de culture. Car ce que l’on appelle aujourd’hui la paix, explique Michel Foucault, est en réalité une guerre momentanément invisible :
« C’est la guerre qui est le moteur des institutions et de l’ordre : la paix, dans le moindre de ses rouages, fait sourdement la guerre. »
Répression, bureaucratie, tribunaux, pacification militaire : la guerre est omniprésente, même lorsque nous ne la voyons pas. Afin donc de supprimer la possibilité de recourir à elle, il faut inventer une paix qui ne serait plus une trêve entre deux explosions de violence, mais un devoir-être. Autrement dit, il faut faire de la guerre un échec humain absolu, et non la continuation de la politique par d’autres moyens. Cela demande de militer contre l’esprit militaire. En ce sens, Barbara Ehrenreich précise que cet antimilitarisme ne doit pas viser des personnes, mais le système guerrier tout entier, sous peine de devenir lui-même guerrier :
« Tout mouvement antiguerre qui ne vise que les agents humains de la guerre – une élite militaire, ou, à notre époque, les chefs du « complexe militaro-industriel » – risque d’imiter ceux qu’il cherche à vaincre. Les militants contre la guerre peuvent devenir des guerriers machos et belliqueux à leur façon, tout comme les révolutionnaires se transforment trop souvent en homologues en treillis des oppresseurs qu’ils renversent. Ainsi, il faut faire un pas de géant pour passer de la haine des guerriers à la haine de la guerre, et un pas plus grand encore pour décider que l’ « ennemi » est l’institution abstraite de la guerre, qui garde son emprise sur nous jusque dans les entractes que nous appelons paix. »
Il faut donc instituer une véritable éducation pacifiste, qui inverserait les valeurs patriarcales en promouvant l’abolition des hiérarchies, la démocratie participative, le coopératisme, la décroissance, la solidarité et le rejet catégorique de la loi du plus fort. Luce Irigaray pense que les femmes ont un rôle éminent à jouer dans ce renversement de la culture mâle fondée sur le sacrifice et le crime :
« Il y a donc manipulation d’engins de mort à grand renfort de capitaux pour assurer la paix, nous affirme-t-on. Cette façon guerrière d’organiser la société est d’origine patriarcale. Elle ne va pas de soi. Elle est sexuée. […] Et la mort et la destruction ne se réduisent pas seulement à la guerre. Elles sont dans les agressions physiques et mentales auxquelles nous sommes soumises en permanence. Ce qui nous est nécessaire, c’est un changement culturel général et pas seulement une décision concernant la guerre comme telle. […] Il faut au peuple des hommes des personnes à part entière qui leur permettent de se comprendre et de trouver leurs limites. Seules les femmes peuvent jouer ce rôle-là. »



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