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LIBERTÉ

 


Une définition subtile de la liberté par Elias Canetti :

 

« Le mot « liberté » exprime avant tout une ardente tension, peut-être la plus ardente de toutes. L’homme veut toujours aller plus loin, et lorsqu’il ne connaît pas le nom de cet ailleurs qui l’obsède, imprécis au point qu’il n’en peut distinguer les contours, il l’appelle alors « liberté ». »

 

La liberté est-elle l’inconnu désiré ? Ce dont on a soif sans encore le vivre ? Ce que l’on espère sans déjà le voir ?

 

 

La liberté est un jeu d’équipe. Ceux qui préfèrent l’esclavage indolore d’une vie médiocre font tout pour flétrir la liberté des autres et pour les en dégoûter, parce qu’elle risque de remettre en cause leurs propres choix existentiels. Inversement, ceux qui assument leur liberté font tout pour libérer les autres, leur insuffler le courage de penser, de désobéir et de créer, afin de renforcer la Liberté humaine, cette Idée vivante qui s’affermit de part le monde dès qu’un courbé se redresse, dès qu’un oppresseur se rebelle, dès qu’un soumis dit « non ». (Vincent Cespedes, L’Homme expliqué aux femmes).

 

La liberté peut-elle supporter des compromis ?

 

Le mot « liberté » a été tant galvaudé qu’il ne veut plus rien dire. Ludwig von Mises remet les points sur les i :

 

« Un homme est libre pour autant qu’il modèle son existence selon ses propres plans. Un homme dont le sort est fixé par les plans d’une autorité supérieure détentrice du pouvoir absolu de planification n’est pas libre au sens où ce terme de « libre » a été employé et compris de tout le monde, jusqu’à ce que la révolution sémantique de notre époque provoque la confusion des langues. »

 

La liberté-autonomie ainsi définie n’a en effet plus rien à voir avec la liberté-dépendance vantée par les marchands de bidules, ou la liberté-soumission des marchands d’idées. Max Stirner, lui, prône une liberté radicale et sans compromis :

 

« Vous voulez tous être libres, Vous voulez la liberté. Pourquoi donc marchandez-Vous pour un peu plus ou un peu moins ? La liberté ne peut être qu’entière, un morceau de liberté n’est pas la liberté. »

 

Mais la liberté n’est-elle pas toujours entière, malgré nos hésitations et notre mauvaise foi ? Ne sommes-nous pas fondamentalement libres, à même de rejeter les lois, les autorités, les opinions extérieures ? En soutenant cette thèse, Jean-Paul Sartre rend l’individu totalement responsable de ses actes – responsabilité qu’accompagne donc une certaine angoisse existentielle :

 

« Il était libre, libre pour tout, libre de faire la bête ou la machine, libre pour accepter, libre pour refuser, libre pour tergiverser ; épouser, plaquer, traîner des années ce boulet à son pied : il pouvait faire ce qu’il voulait, personne n’avait le droit de le conseiller, il n’y aurait pour lui de Bien ni de Mal que s’il les inventait. […] Il était seul au milieu d’un monstrueux silence, libre et seul, sans aide et sans excuse, condamné à décider sans recours possible, condamné pour toujours à être libre. »

 

Condamné-es à être libres, nous sommes aussi condamné-es à combattre pour notre liberté politique, et contre toute forme d’oppression – toujours contre nature. C’est ce que le mot d’ordre universel de Patrice Lumumba rappelle :

 

« Nous préférons mourir pour notre liberté plutôt que de vivre encore dans l’esclavage. »

 

Un mot d’ordre toutefois tempéré par Kwame Nkrumah qui, en 1960, lui conseille de se montrer conciliant et diplomate d’un point de vue tactique, sans pour autant sacrifier l’indépendance naissante du Congo. Le seul accommodement que la liberté puisse faire, c’est la patience. Elle doit s’arranger avec la réalité, sans se ranger du côté de ses ennemis :

 

« Soyez « tout à fait calme », établissez l’administration et consolidez votre position avant de faire le prochain pas. Je serais le dernier à vous conseiller de faire une quelconque compromission, mais la situation extrêmement critique au Congo demande que vous adoptiez ce que j’appellerais « une action tactique ». C’est-à-dire que vous devriez adopter des méthodes sans consentir l’abandon d’aucun principe, de sorte que vous puissiez travailler même avec vos adversaires politiques les plus acharnés, afin de gagner du temps pour la consolidation de votre position sur le plan de l’organisation… »



 

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