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ÉGOISME

 

L’égoïsme est l’incapacité à donner et à se donner.

 

Quelle différence avec l’égocentrisme ? – L’égocentrisme est une attitude intellectuelle ; l’égoïsme, une attitude pratique. Le premier consiste à penser en ramenant tout à soi ; le second, à agir en ramenant tout à soi. L’égoïsme est en fait l’exagération de la tendance que nous avons spontanément à conserver et développer notre vie.

 

La poursuite de l’intérêt individuel concourt-elle au bonheur de tous ? Adam Smith l’affirme, et va même jusqu’à soutenir que le système économique dépend non de la bonne volonté, mais des bénéfices que tout individu attend de son propre travail. L’égoïsme serait alors… une vertu !

 

« Donne-moi ce que je veux et tu auras ce que tu veux, […] c’est de cette manière que nous obtenons les uns des autres la plus grande partie des bons offices dont nous avons besoin. Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais de l’attention qu’ils portent à leur propre intérêt. Nous nous adressons non à leur humanité mais à leur amour d’eux-mêmes, et nous ne leur parlons jamais de nos propres besoins mais de leurs avantages. Il n’est personne, si ce n’est un mendiant, pour choisir de dépendre principalement de la bienveillance de ses citoyens. »

 

Dans un monde d’ennemies, le raisonnement peut se tenir… Mais l’amitié dans tout cela ? Joseph E. Stiglitz pense que, dans la vie comme dans l’entreprise, l’honnêteté et la solidarité prévalent sur le profit et l’appât du gain :

 

« Adam Smith soutenait qu’en œuvrant dans leur intérêt personnel les individus contribuent au bien public. […] Souvent ce n’est pas le cas. Nous avons sous-estimé l’importance de vertus traditionnelles comme la confiance et la loyauté. Autrefois, il existait des rapports de confiance, de loyauté entre l’entreprise et son personnel, si bien qu’en temps de récession les firmes conservaient souvent leurs salariés – et c’est toujours le cas dans certains pays. Mais, aux États-Unis, la doctrine économique du profit immédiat a changé tout cela ; aujourd’hui, les salariés dont on n’a pas besoin sont aussitôt jetés à la rue – sans souci du coût pour la société et pour leur famille. »

 

Car l’égoïsme du capitalisme est très chèrement payé par les citoyens-ennes : précarisation, alcoolisme, délinquance, dépression… En ce sens, Ernest Mandel remet l’égoïsme à sa place : non pas un calcul rentable, mais, sur le long terme, un fiasco assuré. Non pas une vertu excellente, mais le pire des maux :

 

« Ce que nous avons à l’Ouest, peu importe sous quels auspices, est le règne de l’égoïsme – je ne dis pas l’individualisme ; cela n’a rien à voir avec l’individualisme – une exclusion croissante des penchants humains élémentaires et humanitaires de coopération et de solidarité qui impliquent des dangers inouïs pour l’avenir de la culture humaine, de la civilisation et pour la survie de l’humanité. […] Le vrai choix est le suivant : coopération et solidarité d’un côté ; égoïsme étroit et borné, de l’autre. Les résultats barbares qui nous attendent dans le second cas seront ravageurs : violence, chauvinisme, nationalisme extrême, racisme, xénophobie, extension de la répression. »

 

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